opinion soumise à La Presse le 06-07-2010
En tant que résident du Plateau Mont-Royal et membre de Projet Montréal, je veux rectifier les piteux sophismes de Luc Chartrand, un journaliste qui transite en automobile par le Plateau et qui affirme que les restrictions à la circulation transitaire annoncées par l’arrondissement sont « l’aboutissement de l’embourgeoisement du quartier ». M. Chartrand s’attaque particulièrement au changement de direction sur Christophe-Colomb au sud de Laurier, en prétendant défendre les pauvres contre les riches.
Les mesures de Projet Montréal visent à protéger les résidants d’un des quartiers les plus affectés par la circulation automobile transitaire : 75-80% de la circulation automobile sur le Plateau est transitaire et compte pour plus d’un demi million de véhicules par jour ! Ce n’est sûrement par le cas du quartier où habite M. Chartrand.
Le projet du Plateau a pour but de rendre leur caractère résidentiel original à plusieurs « rues » que la Ville de Montréal avait transformées à coup de dérogations en pseudo « artères » transitaires. Les arrondissements n’ont de pouvoir que sur les rues et non sur les artères. Si réduire la circulation sur la « rue » Christophe-Colomb augmentera la circulation sur les « artères » Saint-Denis et Papineau, cela ne fera que rendre visible l’ampleur du problème et rendre à César ce qui est à César. Cet effet secondaire ne constitue nullement un transfert de nuisance de riches vers des pauvres ! Contrairement à ce qu’allègue M. Chartrand, les résidants de Christophe-Colomb sont pour la plupart locataires à revenus modestes.
M. Chartrand échoue pitoyablement son prétentieux « cours de Sociologie 101 » bourré de préjugés éculés. Comme le montrent les statistiques du Recensement, de la SCHL et de la DSP, le Plateau n’est pas un îlot de vedettes médiatiques, mais un quartier de Montréalais bien ordinaires.

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