Par Jacques A. Nadeau. Résidant du Plateau
Je ne vous écrirais pas en rapport avec votre chronique «Étouffer Montréal» si ce n’était du pouvoir d’influencer l’opinion publique que vous détenez en vertu de votre association avec un média de masse. Je ne me fais pas d’illusions quant à l’influence de ce qui suit sur vos opinions mais à la fin vous comprendrez la raison de ma démarche.
Vos propos dans la chronique précitée sont dans la ligne droite d’une forme de pensée issue d’une époque qui est bien en voie de disparition. Sans entrer dans les détails ici, je vous suggère de consulter quelques unes des nombreuses études d’urbanistes d’ici et d’ailleurs (Google - new urbanism, environmentalism - comme point de départ et ensuite, les études scientifiques) pour comprendre qu’il y a nécessité économique de commencer maintenant à s’adapter à la conjoncture sociale, économique et politique qui deviendra contraignante dans quelques années.
Par ailleurs, je trouve réellement déplorable que vous étoffiez vos opinions avec les propos d’une tribune téléphonique grand public. Je passe par dessus votre manière de décrire les projets de réaménagement urbain du Plateau en des termes et sur un ton tout simplement pas à la hauteur intellectuelle de la plupart de vos chroniques. D’une certaine manière, je comprends tout de même la rage que l’on peut ressentir lorsque l’on voit, après tant d’années de relative quiétude, tout un monde nous glisser entre les doigts. Le Plateau est loin d’être exceptionnel : il s’inscrit, avec les mesures préconisées ce mois-ci, dans un mouvement à peu près universel. Ces mesures sont même … plutôt timides. Par exemple, Bordeaux est passée par là il y a quelques années et son économie s’en porte mieux. Et il y a aussi des pays asiatiques qui commencent à démolir des autoroutes urbaines.
J’habite sur la rue Fabre, près de Laurier. Je possède une voiture et deux vélos. Je suis maintenant retraité (depuis 2 mois) et je marche pour me rendre à l’Hôpital une fois par deux mois (environ 40 minutes), je marche pour faire mes courses, je marche ou je pédale pour visiter des amis. Pendant plus de 14 ans je marchais soir et matin, hiver/été pour me rendre au travail sur Berri près de Sainte-Catherine (exactement 50 minutes à l’aller et 50 minutes au retour). Ma conjointe travaille près des Galeries d’Anjou. Trop loin pour marcher, elle voyage par bus. Elle souhaiterait prendre son vélo mais dans ce coin là de la ville (Ville d’Anjou) le vélo est considéré plutôt comme une nuisance et les endroits où elle pourrait garer son vélo (supports à vélo) sont en quantités limitées et, presque sans exception, situés à l’arrière des édifices ou dans des petits coins isolés, ce qui les expose aux vols. Les supports sont donc peu utilisés ce qui justifie le «mais il n’y a pas de demande».
Finalement, ma voiture sert pour mes déplacements à l’extérieur de la ville ou encore pour le transport d’objets volumineux et lourds. Je n’en ai pas réellement besoin : c’est un luxe non raisonnable que je me paye et dont je pourrais me passer puisqu’il existe un système de voitures communautaires. Il y aurait plus de 50 % de la population adulte du Plateau qui ne possèderait pas de voiture.
Et puis, j’allais oublier, je ne suis pas un «nanti», ni mes voisins d’ailleurs. La plupart travaillent pour des salaires variant entre 27 000 $ et 45 000 $. J’aimerais bien voir, dans votre chronique, un tableau de revenus qui comparerait le Plateau avec d’autres arrondissements de Montréal. Même si le Plateau n’était pas parmi les plus pauvres, il y aurait tout de même lieu de démontrer ce qu’est un nanti dans Montréal et et si la médiane pour le Plateau nous situerait parmi les «nantis».
Merci de m’avoir donné l’occasion d’écrire un texte qui servira probablement de départ pour un papier mieux travaillé et qui sera peut-être publié plus tard.
Salutations cordiales,
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Jacques A Nadeau
nadeauj77@yahoo.ca

Jeudi 8 juillet 2010 Ã 16 h 48 min
En effet, vous avez raisons :), j’avais des doutes, c’est pas si riche le Plateau.
http://ville.montreal.qc.ca/pls/portal/docs/PAGE/MTL_STATISTIQUES_FR/MEDIA/DOCUMENTS/ANNUAIRE%20STATISTIQUE_SEPT07.PDF
Page 67
Samedi 10 juillet 2010 Ã 11 h 23 min
Bravo, Jacques. Joliment argumenté. Belle réplique. En ce qui concerne le manque d’analyse économique de Claude Picher, un aéconomiste incontournable sur l’économie de l’écologie est Lester Brown.
Voici un extrait de Wilipedia à son sujet.
Michel
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Lester Russell Brown (né en 1934) est un agroéconomiste et analyste environnemental américain. Pionnier des recherches sur le développement durable, il a été l’un des premiers, et des plus prolifiques, à écrire sur les problèmes liés à l’écologie.
Il est le fondateur de l’institut Worldwatch ainsi que du Earth Policy Institute, organisation non gouvernementale basée à Washington D.C., dont il est actuellement le président.
Bien qu’il ait écrit plus de vingt ouvrages, Lester Brown est connu principalement pour ses livres « Plan B 2.0 : Rescuing a Planet Under Stress and a Civilization in Trouble., (”sauvetage d’une planète sous pression et d’une Civilisation en crise”) » et « Eco-économie : Une autre croissance est possible, écologique et durable ».
Avec des publications traduites dans plus de quarante langues, il est l’un des auteurs-essayistes les plus largement diffusés dans le monde. Lester R. Brown a d’ailleurs été décrit par le Washington Post comme étant “l’un des penseurs les plus influents de notre époque”.
Jean-Louis Borloo, ministre français de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement Durables, reconnaît explicitement que Lester R. Brown est l’une des principales sources d’inspiration des travaux du “Grenelle de l’Environnement”.
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Lester R. Brown fut d’abord agriculteur, cultivateur de tomates avec ses frères plus jeunes, et alors qu’il était encore écolier puis étudiant à l’université. Il obtient un diplôme en agronomie à l’université de Rutgers en 1955, puis il passe six mois en Inde où il se familiarise avec les problèmes d’alimentation. En 1959 il est analyste en agriculture internationale au ministère américain de l’agriculture . Il obtient ensuite des diplômes en économie agricole à l’université du Maryland, et en administration publique à Harvard.
En 1966, le gouvernement américain le nomme administrateur du Service du développement agricole à l’étranger. En 1969, il quitte le gouvernement pour fonder le Overseas Development Council. En 1974 avec le soutien de la fondation Rockefeller, Lester Brown fonde l’institut Worldwatch, le premier institut voué à l’analyse des questions d’environnement mondial.