
- Le 26 avril 2009 je co-animais avec Susan Bronson, le Forum Citoyen dans le Mile End qui clôturait la fin (de la première étape) de la démarche citoyenne en vue de la revitalisation du secteur St-Viateur Est de notre quartier.
Les réflexions autour de la participation citoyenne et de la démocratie participative dérangent! Non seulement dans les milieux traditionnels comme dans les vieux partis politiques, mais aussi dans les milieux plus progressistes comme dans certains milieux communautaires par exemple. Pourtant il y a une nouvelle donne que nous devrons respecter et avec laquelle nous devons apprendre à travailler, celle des groupes de citoyens qui s’organisent pour sécuriser leur coin de rue, organiser une fête populaire et artistique ou encore réduire la vitesse et la circulation dans un quartier…
Malheureusement certains individus bien articulés pourraient essayer de monopoliser ou utiliser cette nouvelle mouvance à des fins personnelles. C’est là aussi le risque de faire de la place à ces groupes de citoyens… Mais si elle est encouragée et si l’information circule, la mobilisation citoyenne ne devrait-elle pas être un rempart à cet effet pervers, pour se concentrer sur le bien commun? L’autre question que l’on peut se poser est évidemment quelle place laissons-nous dans la communauté à cette mouvance ? Des groupes plus ou moins informés, peuvent-ils avoir droit au chapitre au même titre qu’un organisme communautaire structuré depuis 25 ans ?
Bien que plusieurs organismes communautaires représentent et défendent les intérêts des personnes les plus démunies, des pans de la population ne se retrouvent pas dans cette dynamique et certains tentent de plus en plus de se regrouper autour d’enjeux plus locaux, plus environnementaux ou qui touchent leur qualité de vie.
Quelques fois ça va même plus loin, les citoyens d’un quartier se mobilisent pour se doter d’une vision de développement durable de leur milieu de vie. Les organismes communautaires et les partis politiques plus progressistes sont parfois absents de ces démarches, trop pris avec leur manque de ressources et d’effectifs pour s’impliquer dans ces nouveaux créneaux. Il semble y avoir un certain malaise à travailler ensemble sur ces nouveaux enjeux… Cette (re)nouvelle donne, devra dans les années à venir nous inciter à revoir nos modèles de perception de la politique à gauche et nos modèles de concertation dans les milieux communautaires pour faire de la place à ces nouveaux moyens de mobilisation, plus autonomes, plus localisés. Cette nouvelle donne n’est peut-être pas une menace mais au contraire un acteur de plus pour faciliter les changements nécessaires aux crises que nous vivons actuellement qu’elles soient économique, sociale ou environnementale.
Le grand défi sera de créer des ponts entre ces nouveaux moyens d’expression populaire et les structures plus établies pour vivre à la fois la révolution verte tant attendue et de manière plus globale, s’assurer que le bien commun devrait dicter nos prises de décisions et nos actions, tous ensemble!
Richard Ryan
Candidat au poste de conseiller d’arrondissement
Dans le district Mile End

août 6th, 2009 at 20 h 36 min
C’est tout le débat entre la démocratie représentative et la démocratie participative. Il y a une minorité (qui grandit sans cesse) de citoyens qui s’expriment publiquement, qui participent à des soirées organisées, qui se réunissent entre eux et encore une majorité silencieuse qui s’attend à ce que les élus prennent les décisions, selon le meilleur d’eux-mêmes; les représentent.
Je constate que dans la portion de la majorité des citoyens qui m’interpellent pour me dire qu’ils veulent que je les représentent, la plupart veulent aussi être consultés (et participer au débat) sur des enjeux précis, des projets concrets, en amont toutefois des projets et non une fois les plans terminés. Ils s’attendent à ce que leur participation porte fruits, que les résultats soient ensuite portés par leurs élus et appliqués par les administrations publiques.
Un des freins à la flexibilité de faire des nouveaux projets non-pensés d’avance est cette planification annuelle: le budget est adopté et donc figé une fois l’an. Les projets devraient être planifiés sur une base triennale avec une révision annuelle; et une partie du budget pourrait être libéré pour des projets issus de la communauté et pouvant être votés de façon évolutive au cours de l’année.
Pour laisser de l’espace et encourager la participation spontannée des citoyens/groupes de citoyens il faut que les élus voient d’un bon oeil le partage du pouvoir…
Merci Richard de solliciter la réflexion par ton texte, nous aurions beaucoup à écrire sur ce sujet!
août 6th, 2009 at 22 h 13 min
Effectivement il est primordial de penser et d’agir en fonction du renouvellement de la démocratie… Je ne pense pas qu’il faille la démocratie participative pure, mais si les représentants accepteraient davantage ce partage de pouvoir, il y aurait des chances de moderniser la démocratie. Merci pour ton commentaire Josée !
RR