Madame Gagnon,
C’est avec désarroi que j’ai lu votre texte «Silence et désarroi » de ce matin. Il est en effet assez rare qu’une commentatrice d’expérience d’un de nos grands quotidiens signe un texte marqué d’autant frivolité et de malhonnêteté intellectuelle.
Ainsi donc, vos amis professionnels et vous venez de découvrir l’existence de Richard Bergeron dans le portrait qu’en a fait lundi votre collègue Michèle Ouimet? Vous voilà donc bien en retard sur le commun des Montréalais, dont près d’un sur quatre, non seulement connaît M. Bergeron, mais affirme vouloir voter pour lui. Que le reste de votre article soit ensuite entièrement basé sur votre lecture de ce seul texte témoigne d’une éthique journalistique pour le moins douteuse. Des entrevues et des conférences, M. Bergeron en a fait des centaines dans les dernières années. Le moindre effort de recherche vous aurait permis de constater que M. Bergeron a des projets crédibles pour sortir Montréal de sa torpeur actuelle et que Projet Montréal est le seul parti politique montréalais à avoir un programme complet et chiffré, bien en vue sur son site web. La légèreté avec laquelle vous tentez de lui régler son cas est une insulte au travail abattu ces dernières années par M. Bergeron, et par les membres de Projet Montréal, pour bâtir une alternative crédible aux deux vieux partis montréalais.
Votre lecture de l’entrevue accordée par M. Bergeron à Mme Ouimet est de plus partielle et partiale. Vous prenez au premier degré des affirmations qui étaient à l’évidence des boutades, comme celle sur sa relation à la cigarette et sur le fait qu’il a des théories «sur tout». À ce chapitre d’ailleurs, vous n’avez rien à lui à envier puisque vous y allez de votre propre théorie, particulièrement sournoise, sur les liens entre son mariage avec une Marocaine et des opinions qu’il a déjà émises sur le 11 septembre (opinions avec lesquelles je suis, par ailleurs, en désaccord). Journalistes et grand public se désolent depuis des années du fait que les propos de nos politiciens sont aseptisés : on peut comprendre qu’il en soit ainsi si l’on déforme l’esprit de la moindre de leurs paroles qui peut être mal citée.
Vous faites ensuite grand cas des opinions exprimées par un anonyme ex-membre de Projet Montréal au sujet de M. Bergeron. Laissez-moi donc vous partager un scoop pour votre prochain article sur la campagne municipale montréalaise : je connais personnellement plusieurs ex-membres d’Union Montréal qui n’ont pas confiance en la capacité de l’équipe de Gérald Tremblay de gérer honnêtement le budget de la ville de Montréal et je connais également d’ex-membres de Vision Montréal qui s’inquiètent du fait que Mme Harel ne connaisse pas la taille du budget de Montréal.
Tous les observateurs sérieux de la vie politique montréalaise reconnaissent que Richard Bergeron et Projet Montréal font, depuis des années, avancer le débat public sur l’avenir de notre ville. Les Montréalais, en nombre croissant, le reconnaissent aussi. Que vous fondiez sur des bases aussi fragiles que la lecture d’une seule entrevue le jugement sur M. Bergeron que vous avez rendu ce mardi matin du haut de votre tribune, c’est témoigner de bien peu de considération à l’importance de la campagne municipale en cours et à l’intelligence des Montréalais qui soutiennent M. Bergeron et son parti.
Jean-François Desgroseilliers
Candidat de Projet Montréal au poste de conseiller du district du Sault-au-Récollet

octobre 6th, 2009 at 16 h 05 min
Voici la réponse de Francois Limoges à Lysianne Gagnon :
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Mme Lysianne Gagnon,
La Presse
Je passerai sur le mépris en forme de « dîner de con » que vous avez manifesté à l’égard d’un candidat à la mairie dont les idées et le programme sont tout à fait pertinents et valables pour Montréal.
Cependant, au-delà du ton, vous avez commis une faute journalistique en reprenant à votre compte une information non validée du texte de Michèle Ouimet. Quand vous affirmez que « Même parmi ses collaborateurs de Projet Montréal, il s’en trouve au moins un pour dire qu’il ne lui mettrait pas un budget de 4 milliards entre les mains », vous reprenez la citation d’une des sources de Mme Ouimet. Or, cette source n’est pas un collaborateur de Richard Bergeron, mais un lieutenant de Louise Harel, de surcroît candidat de Vision Montréal. Bravo pour la crédibilité. C’est comme demander à John Parisella s’il confierait les finances du Québec à Pauline Marois : ça n’a aucune valeur comme information.
Comment Mme Ouimet a-t-elle pu trouver crédible les propos – sans contre vérifier les faits – de cette source en pleine campagne électorale? Je me pose encore la question (et suis resté sans réponse : je lui ai écrit à ce sujet).
Ainsi donc, Mme Gagnon, la prochaine fois que vous voudrez fanfaronner avec la plus pure mesquinerie sur un politicien parce qu’il aura commis le crime d’avoir un parcours atypique et de ne pas manier la langue de bois, de grâce, vérifiez au moins vos sources.
François Limoges,
Candidat, district Saint-Édouard