Outremont, un exemple à suivre? René Homier-Roy, l’homme à côté duquel même le maire Tremblay passe pour un écolo
jan 11

Une lettre de Michel Camus en réponse à Patrice Roy, pour le traitement du sujet concernant le stationnement le jeudi 7 janvier 2010

La République du Plateau n’est pas la colonie de Radio-Canada, ni le mythe passéiste du journaliste Patrice Roy. Heureusement!

La mesure proposée par Projet Montréal me semble bien rationnelle et équitable sur les plans urbanistique, économique et écologique, et ce dans une perspective urbaine large et non seulement de quartier. D’où vient mon point de vue ? Je réside sur le Plateau; ma fille et ma petite-fille y résident aussi; j’utilise ma petite automobile le moins possible; je me déplace surtout en vélo, à pied ou en transport en commun; je suis épidémiologiste, analyste de risques et j’ai une formation en administration.

Les décrieurs de la mesure proposée par Projet Montréal ne trouveront ni urbaniste, ni sociologue, ni expert en santé publique pour les appuyer. Depuis 40 ans, les experts ont démontré indubitablement que les coûts sociaux et économiques de l’utilisation de l’automobile sont sous-estimés, occultés et répartis inéquitablement. Alors, monsieur Roy, comment rendre ces coûts visibles, les faire assumer par les utilisateurs (principe « pollueur-payeur ») et donner plus de place aux gens et moins aux autos? Une mesure consiste à faire payer le stationnement prolongé des véhicules automobiles venant de l’extérieur des quartiers. C’est une mesure analogue à la « Car Tax » imposée à l’entrée d’automobiles dans le centre-ville de Londres. La mesure proposée par PM dans le le Plateau Mont-Royal n’est ni unique ni incongrue mais une mesure d’équité réaliste, économiquement bénéfique et écologiste dans la mouvance du XXIe siècle.

Si chaque quartier d’une ville se prévaut de telles mesures, on favorisera à terme les économies locales et une vie de quartier polymorphe et multifonctionnelle, plus sécuritaire, plus agréable et plus viable à long terme. L’automobile sera moins utilisée pour des déplacements intra-urbains et on utilisera davantage les transports en commun (quelle horreur pour l’individualiste privilégié et impatient !), le vélo et la marche à pied. On tendra à utiliser aussi la location et l’utilisation partagée de véhicules (ex: Communauto) plutôt que nos propres véhicules que l’on doit souvent parquer dans l’espace public plusieurs heures par jour.

Pourquoi des journalistes de Radio-Canada caricaturent-ils et dénigrent-ils cette mesure? Vivent-ils dans le Plateau? Si les rues résidentielles de N-D-G, de Ville-Mont-Royal, de Westmount et des autres « beaux » quartiers étaient envahies par les automobilistes de l’extérieur, si les autres quartiers comportaient 40% de non-automobilistes, peut-être leurs résidants auraient-ils pris plus tôt des mesures semblables à celle envisagée par Projet Montréal sur le Plateau et, alors, les journalistes n’auraient pas ridiculisé cette mesure. Les minorités privilégiées ont l’habitude de prendre bien plus de place dans le monde que la majorité, et elles résistent à toute entrave à leur puissante liberté individuelle. Est-ce là le parti-pris de la télévision et de la radio d’État et de leurs représentants?

Quant au déplacement du commerce vers les banlieues déploré par quelques commerçants mal avisés, ce phénomène est déjà bien avancé et sa dynamique vient plutôt de l’étalement urbain et de la congestion du centre-ville causés par… l’auto et tout ce qu’on fait pour faciliter son usage !

Puisque vous nous nommez «République»… Vive l’avant-garde républicaine et éco-équitable du Plateau …
… et à bas la dictature radio-étatique de votre désinformation cynique et auto-immobiliste ! ;-)

Michel Camus

Par : Pierre Dodin


8 Réponses pour : “Tarifer le stationnement visiteur pour un développement économique équitable de la ville”

  1. 1. Daniel dit :

    Et le droit des personnes handicape moi avec des mesure comme ca c’est dans les centre d’achat que je fait mes course et a bas le dogmatisme de vert
    qui ne pense pas au personnes ages et au personnes handicape

  2. 2. Jean-François Desfossés dit :

    Le BMW, comme l’appelent les anglophones (Bus, Metro, Walk), j’achète…En principe.

    Pourtant, lors des 5 dernières années, je peux compter sur mes 10 doigts le nombre de fois que j’ai pris le transport en commun…Pourquoi: 1) trajets trop longs, 2) Pannes de services/retards fréquents, 3) Fréquences des bus hors centre-ville inadéquat.

    J’habite le Plateau Mt Royal avec ma conjointe, et pourtant nous devons avoir 2 voitures. Je suis paramédic à Montréal et travaille sur des quarts de 12 heures, qui débordent souvent jusqu’à 14 heures. La caserne d’ambulance est située près de la 20 et au Boulevard Angrignon. selon Tout Azimut, l’outil de planification de la STM, mon trajet prendrais AU MIEUX 78 minutes en autobus-metro. Donc, une heure vingt minutes aller, ou 2 heures quarante dans ma journée. Ajoutée à 14 heures de travail, ça fait donc près de 17 heures dans ma journée, et je n’ai ni mangé, ni dormi, ni pris du temps avec ma conjointe, famille, amis. Et c’est sans compter le fait que si je dois prendre le transport en commun, je dois me donner un minimum de 20 minutes de coussin afin de parer à une panne de service possible.

    Pourtant, le déplacement n’est que de 14 maigre km…Ce qui se fait en 16 minutes sans circulation en voiture, 30 si je suis en période d’heure de pointe. Même en vélo, cette même distance me prends 45 minutes. Pour ce qui est de ma conjointe, elle est inhalothérapeute, et travaille souvent dans différents centres hospitaliers partout sur l’île de Montréal. Hôpital Lakeshore du Plateau. lorsque on quart débute à 23h00 ? Environ une heure 30…En voiture, 30 minutes. Je ne parlerai pas ici des visites à domicile qu’elle doit faire chez des patients incapables de se déplacer. ni du fait qu’elle travaille souvent hors de l’île (Valleyfield, Legardeur, etc).

    Ajoutez le fait que tous deux prenons des cours (nous sommes à 5km de l’université de Montréal, en autobus: 30 minutes, sans compter qu’en moyenne 2 à 3 bus pleins passent avant de s’arrêter…En vélo: 7 minutes, auto: 5 minutes).

    Malheureusement, vous comprendrez que le transport en commun reste un principe utopique pour ceux qui ont des horaires atypiques, ou qui travaillent hors centre-ville. Et même au centre-ville. Comme nous n’avons pas de passe Opus car le service est incompatible avec nos horaires, un trajet allé-retour du Metro Mt Royal au Centre Eaton coûte 11$ pour un couple… A ce prix, je peux prendre l’auto, ou comme d’habitude, le vélo. Encore une fois, je ne parle pas de la double tarification lorsque je vais voir des amis à Laval. Lorsque j’étais à Seattle, j’ai été étonné de voir le transport en commun au centre-ville gratuit…Et aux dires des usagers, plusieurs laissent de côté la voiture.

    Alors le transport en commun: Oui en principe. En réalité, impossible. Je suis chanceux. jeune et en forme, je prend souvent mon vélo, été comme hiver. Voilà donc mon alternative au transport en commun. Mais n’empêche que , pour certains,avoir 2 voitures en plein Plateau reste une quasi-nécessité. Malheureusement, je suis fatigué de tenter d’allier travail, études, et railleries de stationnement et autre. C’est donc décidé, on part en région d’ici 2 ans !

  3. 3. andré dit le boulanger dit :

    Ce que je constate à lire les commentaires, c’est que les gens s’identifient tellement à leur véhicule qu’ils menacent de s’exhiler si on leur demande de payer pour l’usage et l’entretien de l’ espace public que ce véhicule occupe.
    Pourtant, les usagers du transport en commun subissent à chaque année une augmentation des tarifs. Personnellement, je vis très bien avec ces augmentations.
    Est-ce qu’avoir une voiture c’est se payer un passeport pour la gratuité de l’espace commun ?¨
    Pourquoi deux poids deux mesures ?
    Quand je prends le métro ou l’autobus, le premier qui en profite n’est-il pas celui qui est dans son char ?

  4. 4. J- F Desfossés dit :

    Mr le boulanger.

    Si vous lisez bien le contenu de mon intervention, vous conviendrez que je ne m’identifie pas à la voiture, au contraire. Malheureusement, tant que les transports en communs resteront déficient pour les gens ayant un horaire atypique, celle-ci restera une nécessité. C’est dommage, j’en conviens. Pourtant, vous continuerez d’avoir besoins de médecin, d’infirmier(e)s, de paramédic, de pompiers, de policiers, ainsi que plusieurs autres corps de métiers la nuit. Comme nous n’avons peu ou pas de contrôle sur les horaires, il ne reste pas beaucoup d’alternatives.

  5. 5. andré dit le boulanger dit :

    Monsieur Desfossés,

    C’est justement pour faire place aux services essentiels qu’il faut moins de véhicules en ville. A quoi ça sert d’avoir l’ambulance la plus rapide si il y 3,000 chars devant elle. Trop de chars c’est comme ne pas en avoir : ça crée l’inertie.

    J’apprécie que mes commerçants aient un véhicule pour m’approvisionner des meilleurs produits du monde et du Québec. Par contre, si un commerçant ouvre un resto de 100 places et qu’il a seulement 1 1/2 place de stationnement devant son adresse, je crois qu’il fait une erreur en ne misant pas sur le transport collectif. Si tous les résidents du Plateau avait un char, vous devriez stationner, avec un peu de chance, votre véhicule à 12 rues de chez vous.

    Personnellement, je demeure en ville parce que je considère que le luxe suprême est de vivre à pied, vélo, en métro. Mais lorsque Gérald Tremblay annonce que la ville manque de bisous, je me dis allez donc voir du côté des bazous. Je paie mon passage dans le métro. Que les automobilistes paient leur passage eux aussi. Pourquoi les automobilistes crient à la victime lorsqu’on leur demande de payer leur dû ?

    Je connais des gens qui habitent le Plateau et qui gère si bien le déplacement de leur voiture qu’il ne paient jamais une cenne pour usage d’espace public, et ce, à l’année. Pourtant, ils profitent d’un déneigement de qualité, d’entretien de la rue et de remplissage de nid-de-poules.

    Ceci dit, restez donc sur le Plateau. D’ici peu vous pourrez circuler encore plus efficacement pour remplir vos fonctions et ce de jour comme de nuit.

  6. 6. Geneviève dit :

    @ André, j’apprécie vos commentaires qui mettent de la fraîcheur dans la masse des commentateurs habituels… mais là sauf votre respect, je me demande si vous avez bien lu le message de M. Desfossés…???

    M. Desfossés ne dit pas qu’il est accroché à sa voiture comme à la prunelle de ses yeux, au contraire : il est victime de la mauvaise qualité de nos services de TC. C’est quand même sacrément différent : toute la nuance de ses propos — et dieu sait si dans un tel débat c’est difficile d’être nuancé — tient dans l’idée que la voiture est pour lui incontournable à cause de la nullité, irrégularité, sporadicité endémiques de la STM et autres.

    Autrement dit, à la question “M. Desfossés, si vous aviez accès à un service de TC digne de ce nom (au hasard, les 14 lignes de métro parisien, ou les 250 stations de celui de Munich, villes par ailleurs bien moins étendues que Mtl), seriez-vous prêt à faire le choix du TC ?” je parie que M. Desfossés répondrait oui.

    Le noeud central de toutes les problématiques de la ville contemporaine, et d’ailleurs la pierre d’achoppement principale à laquelle se heurte Projet Montréal, c’est le transport en commun. Rien ne peut se faire dans ce qui est proposé par ce parti s’il n’y a pas, au préalable, un investissement MASSIF et un engagement À LONG-TERME clair dans cette direction.

    Il ne faut pas non plus voir tout en blanc ou noir, ça n’aide pas à la compréhension mutuelle.

  7. 7. Jean-François Desfossés dit :

    @ Geneviève: Merci, c’est exactement mon point. Un exemple plus proche de nous que Munich: New York, Vancouver, Boston, Seattle, et même Toronto. C’est un délice que de laisser sa voiture et de voyager à pied, transport en commun, vélo, ou autre.

    Pour ce qui est de la vision en noir ou blanc, c’est ce qui me désole de ce type de débat.

    Sur ce, bonne journée !

  8. 8. andré dit leboulanger dit :

    A Jean-Francois, sa blonde et Geneviève,

    Désolé les jeunes si j’ai vexé quelqu’un.
    J’avoue que je m’adressais à plusieurs conducteurs et non seulement à JF.

    Personnellement,
    Je fais usage régulièrement des services de la STM, dans toutes les directions et à toutes les heures possible.
    Pour moi, le service fonctionne. Il est efficace. Je préfère l’usage de mon jet urbain, lire ma bécanne, mais bon c’est agréable d’avoir parfois son chauffeur privé.

    Ceci dit, y’a un truc qui me fascine et c’est le Bixi. Son succès est pour moi un des grands mystères de l’univers. Un mystère réjouissant, disons.
    Alors, je suis porté à juxtaposer Bixi, Communauto et saucisses Hygrade. Plus il y a de points de distribution plus le monde en redemande.
    Donc, pour moi, l’avenir de Montréal passe par Communauto mais à l’échelle Bixi. C’est à dire, une multitude d’espaces de stationnement réservés à ces petites voitures.
    Ce service m’apparaît le plus économique et le plus écologique pour répondre à la demande du déplacement urbain personnalisé. Sinon, le nombre de véhicules va toujours augmenter et la qualité de la vie en ville va dépendre du nombre de chars que l’on aura ou non à sniffer dans une journée.

    Pour terminer, milles excuses JF pour t’avoir mal lu. Parfois les vapeurs d’auto me monte au cerveau et je pogne la rage au clavier. ;0)

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